La chapelle Notre-Dame de Silvange, à ne pas confondre avec la chapelle Saint-Paul qui donne sur la rue Saint-François, est située au fond de l’impasse de la rue de l’Abbaye. Elle est parfois appelée « la vieille ferme », et c’est selon toute probabilité l’édifice le plus ancien de la commune.
Cette chapelle fut édifiée au 12e siècle par l’abbaye Saint-Paul de Verdun qui avait le patronage de la cure de Rombas, dont dépendait le hameau de Silvange. Elle fut placée sous l’invocation de l’Assomption de la Vierge.
Les moines tiraient les revenus de la dîme, mais aussi ceux d’une petite métairie céréalière qui en dépendait. À la charnière des 14e et 15e siècles, elle fut remaniée, sinon reconstruite, dans un style gothique tardif. On y plaça une statue de la Vierge qui fut longtemps l’objet d’une forte dévotion.
Au lendemain de la guerre de Trente ans, elle se présentait comme une petite église surmontée d’une tour, avec un cimetière et un petit ossuaire. Le chœur était voûté et la nef probablement lambrissée. Elle connut plusieurs restaurations de la fin du 17e siècle à la Révolution.
Au cours de cette période, sa fréquentation connut un net recul : le curé de Rombas, qui y célébrait la messe tous les quinze jours au 16e siècle, ne s’y déplaçait plus qu’une fois l’an, au 15 août.
L’entretien de la chapelle était confié à un gardien laïc, parfois désigné sous le terme d’ermite. Il était aussi chargé de sonner les cloches et s’assurait que tout soit en ordre pour les offices.
Son logement, construit dans le prolongement de la chapelle, communiquait directement avec celle-ci. Il semble qu’il bénéficiait des revenus de la métairie.
Parmi les gardiens dont la mémoire nous est parvenue, citons Pierre Tricolle, dit La Roche (° ~ 1641 – +1711), qui exerça le métier de marchand à Auboué puis Marange. Son épouse, Anne Tabourin, fut sage-femme à Marange et à Silvange : « l’ermite » ne vivait donc pas seul. Pierre fut inhumé dans la nef de la chapelle et Anne, décédée six ans plus tard, repose dans le cimetière de Rombas.
À la Révolution, l’abbaye de Saint Paul de Verdun fut supprimée et ses biens revendus. La chapelle, désacralisée, privée de son clocher et de sa voûte, abattus pour cause de vétusté, a été conservée, sans doute associée au lot de la petite métairie. En 1808, le propriétaire en est Claude Ferdinand Lubré, ancien maire de Marange connu pour ses rachats de biens nationaux, qui l’a revendue à une famille de laboureurs du lieu. Deux objets qui s’y trouvaient ont été sauvegardés : une cloche portant le millésime 1768 avec une inscription en l’honneur de Marie, et la statue de la Vierge datée du début du 15e siècle. Ces deux trésors patrimoniaux sont actuellement conservés dans le chœur de la chapelle Saint Paul.
DESCRIPTION
Le bâtiment mesure environ 23 mètres sur 11,50 avec une élévation qui n’a sans doute plus rien à voir avec l’origine. Il est formé de deux bâtiments accolés (voir la photographie). Celui de gauche, à l’est, a un plan quasiment carré. Il se distingue par des chaînes d’angle qui prouvent son antériorité ; l’angle sud-est en particulier est formé de belles pierres de taille jointives, alors que son vis-à-vis au nord-est, du côté où se trouvait la tour, a sans doute été remanié. Le bâtiment ouest correspond probablement à la maison de l’ermite.
Le bâtiment de gauche est évidemment le plus intéressant. À l’extérieur, côté sud, on notera une petite fenêtre murée (ou plutôt une niche initialement intérieure ?) avec un linteau trilobé médiéval. À l’intérieur, quelques éléments lapidaires, sans assurance de l’emplacement d’origine, en particulier un pilastre sous corbeau et une pierre sculptée d’un écu avec une croix et des chiffres romains ; peut-être la pierre qui surmontait l’entrée…
POUR EN SAVOIR PLUS ET RETROUVER LE DÉTAIL DES SOURCES :
Marange-Silvange, patrimoine et histoire, François Louis Noiré, Éditions des Cahiers du Billeron, 2025.
Club Marangeois d’Histoire Locale / 28 juin 2025